Les mesures
« Adaptées au risque » : lesquelles, pour une PME
L'article 32 ne donne pas de liste : il demande que le niveau soit justifié au regard du risque pour les personnes, et de l'état de l'art. Dans une entreprise qui traite des données de clients et de salariés, cela désigne presque toujours les mêmes huit mesures — et l'absence de l'une d'elles est difficile à défendre.
Maîtriser qui accède à quoi
Des habilitations attribuées par fonction, revues au moins une fois par an, et retirées au départ d'une personne. C'est la mesure la plus souvent défaillante : des dossiers RH ou clients accessibles à toute l'entreprise parce qu'un partage ouvert n'a jamais été refermé.
Authentifier sérieusement
Un second facteur sur la messagerie, les accès distants, les comptes d'administration et les applications exposées. Sans lui, un seul mot de passe retrouvé dans une fuite publique donne accès à des données personnelles : c'est le scénario de violation le plus fréquent.
Chiffrer là où ça compte
Le texte cite le chiffrement sans l'imposer partout : postes portables et supports amovibles, sauvegardes, transferts de fichiers vers l'extérieur. La question n'est pas « avons-nous chiffré ? » mais « pourquoi pas ici, et l'avons-nous écrit ? ».
Garantir la disponibilité et la résilience
Sauvegardes hors d'atteinte d'un rançongiciel, restauration testée et datée, délai de remise en service connu. Une indisponibilité prolongée est une violation de données au même titre qu'une fuite : le texte vise aussi la perte d'accès.
Conserver des traces exploitables
Journaux des accès aux données sensibles, des connexions distantes et des actions d'administration, conservés assez longtemps pour servir après coup. Sans eux, vous ne pourrez ni déterminer l'étendue d'une violation, ni la décrire à l'autorité.
Tenir les systèmes à jour
Correctifs appliqués dans des délais écrits, systèmes en fin de support identifiés et traités. Exploiter une faille connue depuis deux ans est le reproche le plus simple à formuler, et le plus difficile à justifier.
Encadrer les sous-traitants
Les prestataires qui traitent des données pour vous doivent présenter des garanties suffisantes, et vous devez pouvoir le démontrer autrement que par une clause type jamais vérifiée. Leur niveau de sécurité devient le vôtre.
Former ceux qui manipulent les données
Reconnaître un hameçonnage, savoir où ne pas déposer un fichier, signaler un incident sans crainte. L'article 32.4 vous rend responsable de ce que font les personnes agissant sous votre autorité : la sensibilisation en fait partie.